Skip to Content

Un croissant de soleil et une nuit d'étoiles

14 August 2026 by
contact@aeroclub-cotedor.fr
| No comments yet
Récit de la soirée du 12 août 2026 

Un plateau à vingt minutes de Dijon, un horizon largement dégagé vers l'ouest, une foule assise dans l'herbe et tournée vers le même point du ciel. À 20h19, plus personne ne parle.
La Société Astronomique de Bourgogne organisait ce mercredi 12 août une soirée d'observation de l'éclipse solaire partielle, prolongée par les Perséides. L'Aéro-Club de la Côte-d'Or mettait son terrain à disposition, avec le soutien des communes de Darois et de Dijon. Le public était attendu nombreux.

08h30 - 14h00 : Le calme avant
Le site est encore vide quand les bénévoles se rassemblent pour le briefing. Barrières Vauban à poser, cheminements à baliser, postes à répartir. Sur l'herbe, les barnums blancs de la Société Astronomique s'alignent : stand d'accueil, table d'information, point de vente des lunettes d'observation.
Les membres de la SAB déballent les instruments. Des lunettes solaires sur trépied, des télescopes équipés de filtres pleine ouverture, un montage photographique relié à un ordinateur portable pour suivre la progression du phénomène image par image. Chaque instrument installé est un instrument qu'il faudra expliquer : c'est là le vrai travail de la soirée..

16h00 : L'arrivée
Le public se présente dès l'ouverture. D'abord des familles, puis des groupes, puis un flot continu qui remplit les parkings. Les bénévoles en chasuble orientent les véhicules ; les agents de sécurité tiennent les accès.
Au village de la SAB, la file s'allonge devant le stand des lunettes. Les animateurs répètent la même chose des centaines de fois, sans se lasser : jamais à l'œil nu, jamais avec des lunettes de soleil ordinaires, jamais à travers un appareil photo non filtré. La lésion rétinienne est indolore et définitive ; le message passe mieux quand on l'explique que quand on l'assène.

19h24 : Le premier contact
Un murmure parcourt les rangs. À travers les filtres, une échancrure minuscule apparaît sur le bord du disque solaire. La Lune est entrée en scène.
C'est le moment où les instruments de la SAB deviennent le centre du site. Devant chaque oculaire, une file patiente. Les animateurs expliquent ce que l'on voit, pourquoi cela arrive, pourquoi cela n'arrive pas souvent. Autour, l'ingéniosité se déploie : une écumoire brandie devant une feuille blanche projette des dizaines de croissants lumineux, une boîte à chaussures percée fait office de sténopé, un masque de soudeur circule de main en main.
La science se transmet aussi comme cela : par les objets du quotidien détournés, expliqués, partagés.

20h19 : Le maximum
Quatre-vingt-douze pour cent du Soleil masqué au-dessus de Dijon. La lumière change : elle ne baisse pas comme au crépuscule, elle devient métallique, un peu grise, difficile à décrire pour qui ne l'a pas vue.
Le Soleil n'est plus qu'un croissant, et ce croissant descend vers l'horizon. C'est la particularité de cette éclipse-là : elle se joue au couchant, dans les teintes orangées de la fin du jour. Les silhouettes se découpent en contre-jour sur la ligne d'arbres.
Puis la Lune commence à se retirer, et le Soleil disparaît derrière l'horizon avant la fin du phénomène. Vers 20h55, tout est terminé.

21h30 — Les Perséides
La foule ne part pas. C'est peut-être le plus surprenant de la soirée.
Le ciel s'assombrit, les premières étoiles apparaissent, et le site se transforme. Les couvertures se déplient, les lampes rouges s'allument, les télescopes changent de cible. Les animateurs de la SAB reprennent leurs explications, cette fois vers les constellations d'été et l'essaim des Perséides. Chaque traînée arrache la même exclamation collective.

Ce que la soirée aura montré
Une éclipse rassemble. Le phénomène n'était que partiel, il n'a duré qu'une heure et demie. Cela dit quelque chose de l'appétit du public pour ces rendez-vous célestes.
La médiation fait la différence. Sans les instruments et les animateurs de la Société Astronomique de Bourgogne, l'événement se serait résumé à une foule regardant le ciel avec des lunettes en carton. Avec eux, c'est devenu une soirée où l'on a compris ce que l'on voyait.
Le prochain rendez-vous est lointain. La précédente éclipse comparable remonte à 1999. Pour une éclipse totale visible depuis la France métropolitaine, il faudra patienter jusqu'en 2081. Ceux qui étaient à Darois ce soir-là s'en souviendront.

Merci aux visiteurs pour leur patience et leur discipline, aux bénévoles de la Société Astronomique de Bourgogne et de l'Aéro-Club de la Côte-d'Or, aux équipes de sécurité et de secours, et aux communes de Darois et de Dijon.
Share this post
Sign in to leave a comment